Le Régiment de la Calotte

On trouve le résumé (un livre plus complet, de Léon Clément Hennet, a été publié à Paris en 1886) de l'histoire du Régiment de la Calotte dans :
Le magasin pittoresque, publié sous la direction de M. Edouard Charton, 1841 Année 9 (p. 289).
Ce texte, que nous reproduisons ci-dessous (l'image qui le surmonte est reproduite à la page précédente), est consultable sur le site de la BNF.

 

 
Représentation, peinte à la main, des armes du Régiment de la Calotte.

Dans le double cadre central, le médaillon de droite figure un bouffon brandissant une marotte dans la main droite; la même marotte figure au médaillon de gauche, entourée de papillons; des deux côtés du cadre, deux singes en vêtements humains; en haut, un drapeau vert blasonné de papillons flotte au-dessus d'une calotte surmontée par un rat ; en bas, une plaque avec quatre cloches pendantes porte la devise Luna Duce Auspice Momo (avec la lune pour guide et sous les auspices de Momus)

Cette peinture orne un ouvrage manuscrit (qui a fait l'objet d'impressions diverses entre 1725 et 1753), Recueil des Brevets du Régiment de La Calotte. L'ouvrage comprend 116 odes satiriques mordantes adressée au "promus", parmi lesquels figurent Louis Armand de Bourbon prince de Conti (1695-1727), Charles Antoine Coypel (1694-1752), Dornel, Claude Louis Hector duc de Villars (1653-1734), maréchal de France, François Eugène de Savoie-Carignan, prince de Savoie (1663-1736), Prosper Jolyot de Craisbillon dit Crébillon père (1674-1762), Philippe Néricault Destouches (1680-1754), Voltaire, ...

Le Régiment de la calotte est un opéra comique en un acte, de Lesage, Fuzelier et Dorneval, créé en septembre 1721. La Réforme du régiment de la calotte est un opéra comique en un acte, de Delafont, créé le 16 septembre 1721. Alain René Le Sage (1668-1747) publia en 1783 une pièce en un acte sur le même sujet. André Danican Philidor a composé une Marche du régiment de la Calotte.

 

Dans son Mémoire sur la satire a l’occasion d’un libelle de l’abbé Desfontaines contre l’auteur, Voltaire s'est, en 1739, violemment élevé contre les Satires nommée calottes :

Au milieu des délices pour lesquelles seules on semble respirer à Paris, la médisance et la satire en ont corrompu souvent la douceur. L’on y change de mode dans l’art de médire et de nuire comme dans les ajustements. Aux satires en vers alexandrins succédèrent les couplets; après les couplets vinrent ce qu’on appelle les calottes. Si quelque chose marque sensiblement la décadence du goût en France, c’est cet empressement qu’on a eu pour ces misérables ouvrages. Une plaisanterie ignoble, toujours répétée, toujours retombant dans les mêmes tours, sans esprit, sans imagination, sans grâce, voilà ce qui a occupé Paris pendant quelques années; et pour éterniser notre honte, on en a imprimé deux recueils, l’un en quatre, et l’autre en cinq volumes : monuments infâmes de méchanceté et de mauvais goût, dans lesquels, depuis les princes jusqu’aux artisans, tout est immolé à la médisance la plus atroce et la plus basse, et à la plus plate plaisanterie. Il est triste pour la France, si féconde en écrivains excellents, qu’elle soit le seul pays qui produise de pareils recueils d’ordures et de bagatelles infâmes. 

Les pays qui ont porté les Copernic, les Tycho-Brahé, les Otto-Guericke, les Leibnitz, les Bernouilli, les Wolf, les Huygens; ces pays où la poudre, les télescopes, l’imprimerie, les machines pneumatiques, les pendules, etc., ont été inventés; ces pays que quelques-uns de nos petits-maîtres ont osé mépriser, parce qu’on n’y faisait pas la révérence si bien que chez nous; ces pays, dis-je, n’ont rien qui ressemble à ces recueils, soit de chansons infâmes, soit de calottes, etc. Vous n’en trouvez pas un seul en Angleterre, malgré la liberté et la licence qui y règnent. Vous n’en trouverez pas même en Italie, malgré le goût des Italiens pour les pasquinades.

Je fais exprès cette remarque, afin de faire rougir ceux de nos compatriotes qui, pouvant faire mieux, déshonorent notre nation par des ouvrages si malheureusement faciles à faire, auxquels la malignité humaine assure toujours un prompt débit, mais qu’enfin la raison, qui prend toujours le dessus, et qui domine dans la saine partie des Français, condamne ensuite à un mépris éternel. 

 

Retour Dornel