Joseph URIOT
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Joseph URIOT (1713 - 1778 ou 1788 selon les sources), bibliothécaire et lecteur de S. A. S. Monseigneur le Duc régnant de Wurtemberg et Teck, est plus connu comme littérateur maçonnique (deux de ses ouvrages, Le secret des francs-maçons mis en évidence et Lettres sur la franc-maçonnerie, ont été réédités par les Editions Lacour-Ollé) que comme musicien. Beaurepaire le qualifie cependant de compositeur d'opéras, citant parmi ses oeuvres Les Fêtes thessaliennes et (Francfort 1775) l'Amour fraternel, qu'il donne comme étant d'orientation nettement maçonnique. Il se pourrait cependant que, en tout cas pour cette dernière oeuvre, il n'ait agi que comme librettiste, puisque la musique en est attribuée par certains à Antonio Boroni (1738-1792), compositeur italien ayant vécu à Stuttgart.
C'est donc sous cette réserve que nous l'avons inscrit à notre galerie des compositeurs maçons; il n'est en tout cas pas mentionné par Fétis dans sa Biographie universelle des musiciens. Il ne semble en tout cas exister (voilà pourquoi votre page est muette...) aucun enregistrement d'aucune de ses oeuvres musicales éventuelles.
Le personnage est intéressant pour l'histoire de la maçonnerie; Beaurepaire le qualifie d'ailleurs de pionnier de l'Europe des francs-maçons. Il est acteur de théâtre et enseigne le français. Il est membre de la prestigieuse Loge francfortoise Zur Einigkeit (L'Union), créée par La Tierce; Francfort est alors un centre européen de l'édition maçonnique grâce à l'éditeur Varrentrapp, et L'Union publie en 1742 sa Lettre d'un franc-maçon à M. de Vaux, ouvrage destiné aux profanes autant qu'aux maçons et première présentation publique de la maçonnerie en Allemagne. On le retrouvera à Bayreuth en 1750, où il fonde une Loge française, l'Uriotino, mal accueillie par le milieu local pour des raisons sociales. Dans certaines de ses oeuvres (sans doute publiées aux Pays-Bas), il est mentionné comme membre d'une Loge bruxelloise, l'Egalité. Une page de Wikipedia sur la maçonnerie bruxelloise le signale d'ailleurs comme visiteur de cette Loge en 1743, moment où, travaillant au théâtre de la Monnaie, il fit un court séjour à Bruxelles.
Notre principale source pour cette page est l'ouvrage de Pierre-Yves Beaurepaire, L'Europe des francs-maçons (Ed. Belin, coll. Europe et Histoire)